Jean la Chance - musicologie.org

9 janvier 2009

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Un Jean la chance plein d'une vitalité punk au théâtre de la Bastille

« Jean la chance », un écrit de jeunesse de Bertolt Brecht, se joue en version tonique jusqu'au 1er février au Théâtre de la Bastille à Paris dans une mise en scène de François Orsoni pleine d'une vitalité punk. Inspiré d'un conte populaire des frères Grimm, ce texte inachevé du dramaturge allemand, datant de 1919, a été retrouvé dans les archives du Berliner Ensemble dans les années 1990. Il a notamment été monté l'an dernier par Jean-Claude Fall au Théâtre d'Ivry. 

Jean, c'est un homme simple, doté d'une nature confiante, qui se laisse entraîner dans une mécanique d'échanges successifs qui le dépouille peu à peu, au gré de ses rencontres avec des personnes opportunistes ou malhonnêtes. Epouse, maison, charrette, manège, oie, liberté : tout y passe.
Mais plus le gaillard mal dégourdi se fait rouler, plus il se sent chanceux et léger. Jean reste fidèle à son intuition, il vit en écoutant son corps, en regardant la nature, se réjouit du « beau soleil » et de la forme des nuages. 

Interprété par Alban Guyon, Jean promène sa bonhommie et ses rondeurs dans un monde impitoyable dominé par le mensonge et la cupidité. La comédienne Clotilde Hesme incarne Jeanne, son épouse qui le quitte pour un autre avant de revenir vers lui, enceinte, et de plonger dans la « rivière noire ». 

Tomas Heuer (ancien saxophoniste, sous le pseudonyme de Masto, des Bérurier Noir, groupe phare de la scène punk française des années 1980) signe et dirige la musique du spectacle. Vêtu d'un kilt écossais, il torture sa guitare électrique et interprète l'ami mielleux de Jean. François Orsoni, qui dirige depuis huit ans la compagnie théâtrale corse NéNéKa, explique avoir choisi ce musicien pour pouvoir « emmener sur le plateau la force et la vitalité des concerts punk ». 

Clotilde Hesme, qui a obtenu en 2008 un prix du Syndicat de la critique pour le rôle de la marquise dans « La seconde surprise de l'amour » de Marivaux (mise en scène Luc Bondy) et qui doit recevoir le 19 janvier le prix Jean-Jacques Gautier, donne toute sa fougue et son énergie à cette entreprise.