Barbe Bleue, espoir des femmes

Texte Dea Loher
Mise en scène François Orsoni 

Vidéo Pierre Nouvel
Régie et lumières François Burelli

Avec Suliane Brahim, Dominique Frot, Clotilde Hesme et Christof Veillon

Co-production CTC, Ville d’Ajaccio, Ollandini Voyages, théâtre International Merlin (Budapest), la Ménagerie de Verre (Paris)

Création Théâtre Kallisté hors les murs, Ajaccio, 11 décembre 2006


Dans le conte de Charles Perrault, Barbe-Bleue trucide ses épouses parce qu’elles sont trop curieuses et désobéissantes. C’est du moins l’explication donnée aux enfants pour les inciter à respecter certains interdits. 

A mieux y regarder, sont-elles seulement motivées par une simple et irrésistible curiosité ces femmes qui, quoi qu’ayant le droit de visiter toutes les pièces du château, sauf une, veulent à tout prix se rendre dans le seul lieu dont on leur refuse l’entrée ?

Pas sûr. 

Peut-être sont elles aussi victimes de leur désir d’obtenir toujours d’avantage, d’accéder à l’inaccessible, de prétendre à l’impossible… 

Quelques siècles plus tard, Dea Loher propose une version de cette histoire avec Barbe Bleue, espoir des femmes. Il n’y a plus de château, mais une ville, lieu de rencontres fortuites. Barbe Bleue n’est pas un seigneur fortuné, mais un vendeur de chaussures pour dames, qui va tuer sept femme… Parce qu’elles cherchent un amour « au-delà de toute mesure » et que faute de pouvoir le leur procurer, il peut au moins mettre un terme à une quête douloureuse qui n’aura jamais de fin.

L’interdit, chez Dea Loher, c’est l’amour ou le désir d‘amour. C’est comme si elle décrivait un monde où nommer l’amour est une chose impossible, une forme de transgression, d’agression faite à l’ordre normal des choses. Et dans cette comédie triste ou tragédie comique, les victimes ne sont pas montrées comme totalement innocentes, mais bien plutôt comme en partie responsables de la tragédie, cependant que le tueur, ici homme banal qui n’attend rien mais dont on attend tellement, n’est pas sans inspirer, lui aussi, quelque compassion.


Diffusion

Création à Ajaccio, théâtre Kallisté hors les murs, décembre 2006
en coproduction avec le théâtre international Merlin (Budapest) et la Ménagerie de Verre (Paris)